Historique

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BAS 35, une structure à dimension humaine, une histoire ancrée dans l’amitié.

Les origines.

Imaginée et créée dans les turbulences fédératives du milieu des années 60 – où le mythique local de la Kevrenn Roazhon situé rue du Thabor à Rennes, servait pour toute la Bretagne de repère à ce que la fédération BAS comptait et décomptait de membres [sûrs], la section départementale fut mené sur les fonds baptismaux préfectoraux par Jean Bouget – P’tit Jean – sonneur de la Kevrenn Roazhon. Celui-ci, rédigea et parapha en tant que secrétaire le premier document statutaire fondateur daté du 31 janvier 1966, et enregistré en préfecture le 01 février. Elle devenait donc de ce fait « Bro Roazhon « .Le président en était René Rouchausse dit « colombe » ancien de la Kevrenn Roazhon, le vice-président M. Bardoux fondateur du bagad féminin de Vitré, et le trésorier Bernard Demeuré dit « spinach » sonneur bien connu de la Kevrenn Roazhon.

P’tit Jean était la cheville ouvrière de B.A.S. Bro Roazhon. L’essentiel de l’action, avec peu de moyens financiers, consistait à organiser stages et concours départementaux, et trouver les formateurs bénévoles. Ainsi, la première réunion le 13 mars 1966 avait pour ordre du jour, la mise en place de journées d’études et l’organisation du concours départemental de 3ème catégorie à Rennes. Les groupes participants étaient les Cadets de Bretagne, Vitré et Redon : 2 ensembles féminins, et Tinténiac. La fédération participait également à l’organisation des concours en région parisienne pour les groupes de l’extérieur de Bretagne, que l’Ille et Vilaine phagocytait faute de structure propre.

Les années 70

Après avoir reposé depuis ses débuts sur les forces vives de la Kevrenn Roazhon, la direction se diversifia au cours de l’année 72. Kristian Villejiquel (st malo) élu président, Jean Luc Le Moign secrétaire et Raoul Lavoué du Bagad de Dol étant le Trésorier, cette triplette se mit au travail avec l’espoir de développer la section départementale. A cette époque, les groupes adhérents n’étaient pas très nombreux : la Kevrenn de Rennes, Quic-en-Groigne de Saint-Malo, Judwal de Dol de Bretagne, Nominoë de Redon et le bagad de Saint-Cast, qui, bien qu’étant des Côtes d’Armor, s’était rapproché de BAS 35 par commodité.

En 1974 Kristian Villejiquel quittait Quic-en-Groigne et la présidence de BAS 35, Jean Luc Le Moign en devenait Président et Joël Clément prenait le secrétariat au côté de son compère Raoul Lavoué. La section départementale organisait à cette époque quelques week-ends d’étude par an et concerts.

Après le départ de Jean Luc Le Moign en 1976, la section départementale tombe peu à peu en léthargie durant la période 76-78 et peine à retrouver une activité pleine, comme d’aucun l’avait connu dans les années 5O-60. L’action départementale des bagadou ne reposait plus finalement que sur 2 entités restreintes : le pays de St Malo et le pays de Rennes. Tout le reste était parti en « guenilles ». Il y avait urgence à unir les forces, pour relancer une dynamique. C’est ainsi qu’avant la fin des années 70, quelques rencontres amicales avec les responsables rescapés mais bien seuls de la section départementale eurent lieu. Tenant malgré tout chaque année une A.G. symbolique, ils envisageaient en effet de dissoudre l’association devenue inutile quitte à se payer un petit « gueuleton » avec les quelques centaines de francs restants ! La proposition de relance de Bob Haslé (qui venait de créer le bagad de Vern) perturbait tous ces « bons » plans, et Joël plaisantera longtemps après sur ce sujet ! « En fait, ils se désolaient de cette situation » se souvient Bob « et leur motivation n’était pas feinte. Mon arrivée, renforcée par les quelques éléments qui s’impliquaient avec moi n’était sans doute que le signal attendu qui redonnerait vie à la section départementale. ». Joël Clément parle du « dynamisme contagieux de Bob redonnant du tonus pour entamer une véritable reconquête du terrain culturel. La création du Bagad de l’AFAP de Fougères qui prendra ensuite le nom du Bagad de l’Hermine, celle des bagadoù de Cesson Sévigné et de Saint-Lô portent alors le nombre de bagadoù à 7.

Des années 80 à nos jours.

Cette époque fût celle du renouveau, journées d’étude, stage de Noël et de Pâques. « Bien sûr, c’était un peu du camping » note Joël, mais l’enthousiasme était là lors de ces stages à Vern, Saint-Malo, Dol ou encore La Chapelle sur Vire. Tous les sonneurs et batteurs ayant un minimum d’expérience étaient invités à donner un coup de main à la formation, accueil des élèves débutants jusqu’aux plus hauts niveaux. « Nous obtenions alors vraiment une implication totale de tout le monde » rappelle Bob, « pas de paresseux, beaucoup de tolérance et de respect des autres, pas d’élitisme mais une volonté saine de progression et une passion très forte partagée. Tout ceci créant une ambiance, une convivialité, une solidarité et une amitié extrêmement solide dont rien que l’évocation suscite beaucoup d’émotion, et sans doute quelques regrets. »

Ce fut également le temps de la structuration, financement par le Conseil Général et par le Conseil Régional des aides à la formation, mise en place d’une vraie politique des cours au niveau du département. Depuis les premières subventions obtenues des institutions par Claude Julès à la fin des années 60, les liens avec les collectivités n’ont cessé de s’accroître. L’année 1991 fût baptisée « année de l’expression traditionnelle en Ille et Vilaine », avec tout au long de l’année, des créations pour orchestre, et musiciens traditionnels, dont plusieurs bagadoù, un bulletin spécial diffusé sur le département, des expositions et concerts de découverte sur la musique traditionnelle organisés dans pratiquement toutes les structures d’enseignement spécialisées du département, etc. De nombreux stages de formation de formateurs furent organisés sous l’impulsion de BAS et proposés à l’ensemble des acteurs bagadou ou non du département. Stages de pédagogie, d’ethnomusicologie, de découverte de terroir, d’encadrement de formation etc., qui rencontrèrent un grand. Début des années 90, l’Ille et Vilaine ayant été choisi par le ministère de la culture comme département pilote pour la mise en place d’un nouveau schéma d’enseignement musical, B.A.S. Bro Roazhon servira même de catalyseur pour la B.A.S., en participant aux réunions et discussions avec les inspecteurs de la direction de la Musique en région et au ministère (J.M.Colin et J.P.Estival), faisant valoir nos problèmes et nos particularités en matière de formation, faisant reconnaître le bien-fondé de l’instauration de notre diplôme interne, et surtout de la nécessité de nous associer au travail de mise en place du diplôme d’état de musique traditionnelle. Cela permettra de gommer les tensions nées au milieu des années 80 entre B.A.S., les représentants du ministère de la culture et la DRAC sur le sujet brûlant de la formation des musiciens. De là, naîtra la collaboration et l’estime réciproque avec le département de musique traditionnelle de Pontivy placé à l’époque sous la responsabilité de Laurent Bigot.

Ayant défendu les dossiers de professionnalisation à l’instar de ce qui se passait principalement en Penn ar Bed, la première convention triennale fût signée avec le département en 1997, permettant d’engager l’embauche de formateurs.